Brèves Choisir de devenir mère, ou non, sans pression sociale
Fiona Schmidt, candidate de l’édition 2025 du Prix Gisèle Halimi organisé par la Fondation des Femmes, a fait le choix de ne pas avoir d’enfant. Elle nous explique que “la plupart des gens [la] plaignent quand ils l’apprennent, parce que pour la plupart d’entre eux, ne pas avoir d’enfant est une tragédie, qui ne peut donc pas relever de la volonté d’une femme saine de corps et d’esprit.”
Pourtant, devenir mère, même pour celles qui l’ont choisi, n’est pas le parfait conte de fée qu’on voudrait encore nous faire croire.
La maternité a aussi des conséquences négatives sur la vie des femmes : précarisation, dépression du post-partum, difficultés d’avancements professionnels, enfermement relationnel etc.
27% des femmes discriminées au travail affirment l’avoir été en raison de la grossesse ou du congé maternité*
L’année suivant la naissance d’un enfant, 47% des mères ont réduit ou arrêté leur activité contre 6% des pères, et 59% des mères prennent régulièrement les jours de congé pour enfant malade, contre 25% des pères.**
Alors que l’arrivée d’un enfant ajoute 5 heures de travail à une femme, un homme « économise » au contraire 2 heures de travail domestique et parental.***
* Défenseur des droits, « La perception des discriminations dans l’emploi », 13e baromètre discriminations emplois, 2020.
** CSEP et BVA, Prise en compte de la parentalité dans la vie et au travail, 2019.
*** Delphine Roy, «Le travail domestique : 60 milliards d’heures en 2010 division» Redistribution et politiques sociales, INSEE
Pour mesurer ces inégalités et les pièges à pauvreté qui guettent les femmes tout au long de leur vie, la Fondation des Femmes a créé l’Observatoire de l’émancipation économique des femmes.
Les notes de l’Observatoire intitulée “Le coût d’être mère” et “Le coût du divorce” reviennent en détail sur la précarisation économique des mères avec des constats alarmants :
En moyenne, les femmes qui deviennent mères assistent à une baisse d’environ 25% de leurs revenus dans les cinq années qui suivent la naissance de leur enfant. Et pour les femmes avec les plus bas salaires, cet écart peut même aller jusqu’à 40%*.
82% des cheffes de familles monoparentales sont des femmes et 40% des familles monoparentales vivent en effet sous le seuil de pauvreté.**
20% des femmes basculent dans la pauvreté au moment du divorce contre 8% des hommes***.
Le montant moyen de la contribution alimentaire par mois par enfant est de 170€ en France alors que le coût estimé pour l’éducation d’un enfant est de 625€ par mois****
- «Les trajectoires professionnelles des femmes les moins bien rémunérées sont les plus affectées par l’arrivée d’un enfant», INSEE, 2019
** ÉTUDE SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DES PARENTS ISOLÉS, OFCE Sciences Po, Hélène Périvier, janvier 2020
*** INSEE
**** Etude de la DREES publiée en 2016